Aperçu des sections

  • Généralités

    Axe 3 : Poursuite des travaux et nouveaux défis à relever pour le RMT Quasaprove

    • Section 1

      Ce troisième axe est construit de façon, d’une part à poursuivre les actions engagées et financées durant la période 2009-2011 et d’autre part, à animer des groupes de progrès sur des problématiques émergentes ou des questions scientifiques innovantes.

      3.1 Les travaux financés se poursuivent…

      Au cours de la période écoulée, trois projets de recherche labellisés et animés par les partenaires du RMT Quasaprove ont été lauréats à l’appel à projets annuel IP du CASDAR (Annexe 2). Le projet « EcoprotectGrain » qui a débuté en 2009 se poursuivra jusqu’à fin 2012. Le projet « Etude de la multicontamination des productions végétales de grande culture en conditions de plein champ » qui est bâti autour du réseau de parcelles expérimentales du RMT (réseau multisites et multicontaminants, piloté par le RMT) a débuté fin 2010 et devrait se terminer fin 2013. Le projet « MYCOVOL » a été lauréat à l’appel à projets CASDAR IP 2011 et débutera en 2012 (échéance en 2014). Ces trois projets «innovants » couvrent l’essentiel des problématiques actuelles sur l’analyse, l’évaluation, la prévision et les approches actualisées de gestion des risques les plus « critiques » de contamination des productions de grande culture. La poursuite des expérimentations engagées au travers de ces projets constitue la production attendue sur ce 3ème axe. Ils sont susceptibles de faire émerger à l’issue de la période des deux ans à venir de nouvelles questions à poser à la recherche sur cette problématique (en interaction avec les autres groupes de recherche « satellites » du RMT tels que le réseau INRA Fusatox, le RMQS, le RMQV, le DER ANSES, le pôle de compétitivité Céréales Vallée, etc.).

      Les travaux relatifs au chantier 2 se poursuivent ainsi dans le cadre :

      - du programme CASDAR  « Etude de la multicontamination (mycotoxines et contaminants chimiques) des productions végétales de grande culture en conditions de plein champ » et en particulier du volet 1 « Définir, valider et optimiser un protocole et un guide d’échantillonnage des végétaux communs pour une analyse multicontaminants » ;

      - du programme Région Aquitaine « Qualité sanitaire des productions végétales en Aquitaine : Maîtrise des multicontaminations ».

      Dans le cadre de ces programmes, les essais de prélèvement (représentativités spatiales), les essais de préparations (évaluation de l’incertitude liée à chacune des étapes de l’analyse) seront poursuivis sur blé, tournesol et maïs.

      Les modes de préparation d’échantillons issus de ces programmes doivent pouvoir être utilisés facilement par des laboratoires d’analyse de routine. Une préparation manuelle des échantillons (égrenage) est consommatrice de temps et de main d’œuvre. Aussi, nous proposons d’évaluer l’impact d’un égrenage mécanique sur la contamination des échantillons. Nous comparerons les égrenages manuels et mécaniques sur le blé et le maïs récoltés respectivement en 2011 et 2012.

      Dans le cas du tournesol, un précédent programme CASDAR a défini le mode de réduction des échantillons. Le travail sur le suivi de préparation des échantillons s’en trouve allégé. Nous pouvons en conséquence envisager de doubler, en 2012, sur une nouvelle parcelle, pour tester la robustesse de l’essai de représentativité spatiale mené en 2011.

      La troisième du programme Région Aquitaine (2013), du maïs sera cultivé sur des sols fortement contaminés en métaux et sera inoculé avec des souches de Fusarium. Nous pourrons ainsi profiter de la récolte de ce maïs pour recueillir le matériel végétal, matière première nécessaire à la constitution d’un échantillon multicontaminé. Des travaux de faisabilité préliminaires pourront alors être engagés pour évaluer la faisabilité technique pour la réalisation d’un matériau de référence.

      Concernant les problématiques du chantier 4 : les avancées remarquables du projet EcoprotectGrain en 2011 portent essentiellement sur les nouveaux acquis de connaissances apportés par les résultats de l’enquête nationale coordonnée par FranceAgriMer sur les pratiques de protection des stocks de céréales contre l’infestation par les insectes et les conséquences de ces pratiques sur le niveau des risques de contamination de la chaîne alimentaire en aval du stockage par les résidus de pesticides (présentée aux 2èmesrencontres RAFT du RMT en juin 2011).

      Les résultats suivants sont attendus :

      i/ Une enquête technico-économique des freins à l’évolution des pratiques d’utilisation des pesticides après récolte et de la fumigation préventive ;

      ii/ L’organisation d’un cycle d’expérimentation / démonstration sur les stratégies opérationnelles de protection intégrée des stocks de grains et les procédés de luttes préventive et/ou curative alternatifs

      iii/ Les résultats de l’étude exploratoire des risques d’exposition des personnels des silos à grain aux résidus de pesticides charriés par les poussières pouvant être fortement contaminées ;

      iv/ L’organisation sous l’égide du RMT Quasaprove d’un colloque de restitution des résultats opérationnels acquis au cours de ce projet courant 2013 (éventuellement à associer à la Conférence OILB « Protection intégrée des Produits Stockés, qui sera organisée par l’INRA-MycSA en 2013).

      Pour le chantier 5 : le projet MYCOVOL (Démarche innovante pour caractériser le risque mycotoxique en production avicole), porté par l’ITAVI et soutenu par le RMT Quasaprove, démarrera en 2012. Il vise à sécuriser les produits avicoles en caractérisant le risque mycotoxique et ses facteurs de variation. L’ITAVI en association avec les experts de l’ENVT, d’ARVALIS-Institut du Végétal, de l’INRA, du LDA22, de FINALAB, de Chêne Vert Conseil et de l’ONIRIS avec le soutien du RMT et des professionnels de l’alimentation animale, va concrétiser ses actions sur la thématique des fusariotoxines  et leur impact sur la sécurité sanitaire des produits avicoles : évaluation du transfert des fusariotoxines depuis l’aliment vers des tissus cibles (muscle, graisse et foie) ; identification expérimentale des critères d’alertes précoces en élevage et de biomarqueurs de l’animal permettant de détecter une exposition aux mycotoxines suivie d’une phase terrain de validation ; diffusion des résultats via un guide de bonnes pratiques.

      Par ailleurs, sont aussi actuellement en cours de finalisation pour la thématique du chantier 3 :

      - Des outils de quantification des producteurs de trichothécènes selon leur chémotype : NIV/FX, DON/15ADON, DON/3ADON, ainsi que des outils de quantification des producteurs d’enniatines et beauvericine, dans le cadre des projets FSOV Mycotek, Don&Co ;

      - Des outils de quantification des différentes espèces fusariennes et en particulier d’espèces récemment identifiées telle que F. temperatum (projets Don&Co, Région Aquitaine).

      Concernant le chantier 6 et l’exploitation du réseau de parcelles, il est prévu pour 2012, le démarrage de deux nouveaux volets :

      - Le volet 3 qui consiste à tester l’effet d’un stress induit au niveau de la plante par la contamination métallique du sol sur la contamination des grains en mycotoxines de Fusarium ;

      - Le volet 4 qui vise à suivre, décrire et modéliser les cinétiques de prélèvement des métaux (As, Cd, Pb) et de développement de Fusarium in planta.

      Bien sûr, l’alimentation et l’analyse de la base de données descriptives et explicatives des contaminations en éléments-traces et en mycotoxines de Fusarium des grains ou graines en plein champ pour en extraire des situations à risque ou des facteurs explicatifs se poursuivent avec la mise en culture pour 2012 des parcelles du réseau expérimentale en blé dur, blé tendre, tournesol et maïs.

      3.2 Les nouvelles perspectives du RMT Quasaprove

      L’organisation en trois chantiers d’animation et quatre chantiers opérationnels qui a permis une coordination efficace de l’ensemble des activités du RMT sera réorganisée en trois groupes de progrès, pour renforcer la coordination « transversale » interdisciplinaire et une intégration plus poussée des partenaires et opérateurs techniques ou économiques intervenant à des niveaux différents dans la chaîne des produits végétaux de grande culture, depuis l’agriculteur jusqu’au chercheur en passant par le conseil et l’enseignement agricole.

      Groupe de progrès n°1 : Elargir le spectre des contaminations et des conditions agropédoclimatiques - Problématiques des chantiers 2 et 6

      Face à une diversification des problématiques de contamination, il est absolument nécessaire d’anticiper les demandes. Un problème récent comme l’accident de Fukushima a fait émerger des questions sur les niveaux de contamination fréquents des sols et des productions végétales de grande culture en césium, uranium ou autre radionucléides. A contrario, des demandes sur les niveaux en oligoéléments tels que le sélénium émergent dans une problématique générale de « Nutrition/Santé ». Les outils analytiques dont nous disposons aujourd’hui nous permettent d’analyser simultanément une large liste d’éléments. Cette possibilité doit être mieux exploitée et ainsi nous proposons d’élargir la liste des éléments suivis dans le réseau d’expérimentation du RMT afin de connaître les niveaux fréquents de concentrations de ces éléments dans les végétaux de grande culture cultivés en conditions de plein champ.

      Par ailleurs, un projet a été déposé au printemps 2011 auprès de l’ANDRA pour réaliser l’analyse de HAP, PCB et pesticides organochlorés sur les échantillons de blé prélevés pour l’essai de spatialisation en 2011. L’objectif était d’une part, d’établir des cartographies comparées des contaminations en métaux lourds, mycotoxines et contaminants organiques du blé sur une parcelle et d’autre part, de définir pour chaque étape l’incertitude liée à la préparation et à l’analyse de ces composés. Les échantillons ont été prélevés et sont actuellement conservés dans des conditions adéquates. Ce projet n’a pas été financé par l’ANDRA. Un financement de 20k€ était nécessaire à sa réalisation.

      Cependant, les programmes actuellement financés et en cours de réalisation vont nous permettre de définir des modes de prélèvements, de préparations et d’analyse d’échantillons. Adaptées à une approche multicontaminants, ces bonnes pratiques seront compilées dans un guide d’échantillonnage à destination des professionnels.

      La constitution du réseau de parcelles a privilégié l’agriculture conventionnelle. Or, la place croissance de l’agriculture biologique nécessite un questionnement spécifique. Nous proposons alors d’élargir le réseau à des parcelles conduites en agriculture biologique afin d’évaluer les flux d’éléments traces apportés, de tester les niveaux de contaminations en éléments-traces et en mycotoxines dans les produits issus de ces parcelles comparativement aux parcelles en agriculture conventionnelle. Le RMT s’appuiera pour cela sur des lycées agricoles, des unités expérimentales INRA et des parcelles du réseau de la CRAA. A noter que près de dix lycées agricoles ont fait la demande en 2011 d’intégrer le réseau de parcelles expérimentales du RMT.

      Enfin, il serait intéressant d’élargir la gamme des contextes pédoclimatiques. Pour cela, le RMT recherche à agréger au niveau Européen ou dans des pays du Maghreb, des réseaux d’expérimentation de même type ou des parcelles gérées par des instituts agronomiques ou des écoles d’agronomie. Des contacts ont déjà été pris avec l’INAT (Tunisie) pour le blé dur. En variant les conditions climatiques, le RMT pourrait ainsi mieux tester les effets « climat » sur les niveaux de contamination observés. Cela pourrait constituer la base d’un futur projet européen.

      Groupe de progrès n°2 : Risques associés à la contamination par les mycotoxines - Problématiques du chantier 3

      Les questions de réduction des fongicides et de réchauffement climatique sont plus que jamais d’actualité. Les premières années d’existence du RMT Quasaprove ont permis de fédérer une communauté, d’acquérir les outils et de mettre en place les dispositifs expérimentaux indispensables pour les appréhender. Cette dynamique doit être poursuivie et les premiers résultats  sur  la thématique réduction des fongicides devraient être disponibles d’ici  fin 2013.

      Le rôle des résidus (dont ceux de betterave) dans la sévérité des attaques de fusariose (levier essentiel dans les stratégies de maîtrise) et l’étude du cycle de F. graminearum (modélisation de  son développement) en complément doivent être approfondis afin de parvenir à une meilleure gestion du risque en amont.

      La réglementation européenne est en constante évolution avec reconsidération des limites maximales et intégration de nouvelles toxines. Il s’avère indispensable de développer des travaux sur ces molécules dites émergentes pour aider la profession à affronter cette évolution. Des outils de quantification des enniatine, beauvericine, moniliformine… et de leurs agents producteurs doivent être développés. D’autres toxines, dont la présence n’était théoriquement plus une préoccupation pour les filières, semblent être à nouveau détectées sur céréales. Il s’agit en particulier des alcaloïdes d’ergot. Qu’en est-il exactement ?

      Comme précisé précédemment, deux projets  (CASDAR Mutlticontaminants et région Aquitaine) vont permettre d’analyser les éventuelles interactions entre les mécanismes de contamination des céréales par les métaux lourds et mycotoxines, ce qui, à notre connaissance, représente une approche très innovante.

      La participation de l’ITB au sein du RMT QUASAPROVE a permis d’élargir la problématique mycotoxines à d’autres cultures que les cultures céréalières. Une étude très préliminaire (résultats confidentiels) a soulevé l’importance de développer un travail de fond sur la contamination des betteraves sucrières par Fusarium et ses mycotoxines. Ces premiers résultats suggèrent aussi que les résidus de betteraves doivent être pris en compte dans  l’approche rotation développée par ARVALIS-Institut du végétal.

      Groupe de progrès n°3 : Contaminants de la chaîne alimentaire post-récolte - Problématiques des chantiers 4 et 5

      Concernant le devenir des contaminants au cours de la transformation par voie animale, le projet CASDAR, piloté par l’ITAVI, sur le transfert des Polluants Organiques Persistants (POP) vers les œufs de consommation va se terminer en décembre 2011. Les nouvelles connaissances acquises au cours de ce projet vont permettre de progresser dans le domaine de l’évaluation du risque vis-à-vis des contaminants chimiques. En particulier, un outil nécessaire à l’évaluation du risque en élevage a été mis au point (modélisation). Ce modèle dynamique, élaboré dans le cadre d’un doctorat, permet de prédire la teneur en contaminants de l’œuf à partir du niveau d’exposition des animaux, de la nature de la matrice ingérée en interaction avec la nature de la molécule et les caractéristiques physiologiques de la poule. Dans le cadre de futurs projets à construire, ce modèle pourrait être adapté aux pesticides.

      En prenant exemple sur le groupe de travail qu'a formé en 2011 l'Institut de l'Elevage avec l'Anses et le CNIEL pour travailler à l'établissement d'une liste de résidus de produits phytosanitaires à rechercher prioritairement dans le lait, l'ITAVI prévoit pour la période de travail 2012-2013 une collaboration étroite avec l'Anses pour établir une hiérarchisation/priorisation des résidus de pesticides présents dans l'œuf à risque à partir d'un travail bibliographique et d'enquêtes/analyses de l'Anses voire de la DGAl. Cette démarche sera commune avec la filière porc (chair) grâce à l’adhésion de l’IFIP-Institut du porc au RMT Quasaprove pour la période 2012-2013.

      Avec la fin d’études menées sur les nouvelles substances bio-actives susceptibles de remplacer certains usages de pesticides ou d’apporter des solutions à des usages « orphelins » en décembre 2011, il est envisagé  la construction d’un projet relais sur les substances naturelles en tant qu’alternative durable et économiquement acceptable aux pesticides de synthèse utilisés actuellement en protection des denrées ou pour l’assainissement des locaux de stockage des denrées aptes à la conservation prolongée.

      Le programme de travail pour 2012-2013 prévoit de s’ouvrir aux préoccupations des nouveaux partenaires du RMT (secteur transformation des grains et  graines).

      Les dossiers sur les facteurs de transfert des résidus de pesticides utilisés en protection des grains stockés ne sont qu’au début de leur construction en 2011 (à des fins de réglementation européenne harmonisée). Les parties prenantes : Anses, INRA et filières céréales (ANMF, CFSI, Qualimat, IFBM, ITERG) auront besoin d’un soutien à la constitution de ces dossiers pour deux années supplémentaires (2012-2013).