Aperçu des sections

  • Généralités

    Contexte et enjeux

    S’alimenter de manière saine et sûre fait partie des préoccupations permanentes tant des consommateurs que des pouvoirs publics. Les produits végétaux de grande culture sont des produits essentiels de l’alimentation humaine et animale, souvent matières premières de base pour l’élaboration des aliments, particulièrement concernés par la contamination due à des organismes indésirables ou des contaminants d’origine naturelle ou anthropique. Aujourd’hui, le respect des limites réglementaires (mycotoxines, métaux lourds, résidus phytosanitaires) est une condition d’accès au marché (conformité de la production) et l’évolution de la législation concrétise la volonté de la commission européenne d’atteindre un haut niveau de sécurité sanitaire dans l’alimentation humaine ou animale.

    Ainsi, pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires dans le cadre d’évolutions réglementaires européennes (insecticides en post-récolte) ou dans le cadre du plan Ecophyto, il est nécessaire de changer et optimiser les pratiques vers une production intégrée et de recourir à des méthodes alternatives.

    Enfin, les effets du changement climatique sur le développement des organismes pathogènes et sur les mécanismes de toxinogenèse est un enjeu qui reste incontournable. Des questions se posent également quant à l’impact des conditions climatiques sur la biodisponibilité des éléments-traces.

    Ces enjeux restent d’actualité.

    En outre, l’Anses a rendu publique le 1er juillet 2011 son étude sur l’exposition des consommateurs aux contaminants présents sous forme de résidus dans l’alimentation (Etude de l’Alimentation Totale 2, 2006-2010). Cette étude pointe notamment des risques de dépassement des seuils toxicologiques pour le plomb, le cadmium, l’arsenic inorganique, ainsi que pour une mycotoxine (DON et ses dérivés). Les contributeurs majoritaires sont par exemple, le pain pour le cadmium, le plomb, le DON et ses dérivés, ou encore le lait chez les enfants pour le plomb et l’arsenic inorganique. A travers cette étude, l’Anses  insiste sur le fait de poursuivre les actions de gestion des risques dans le sens de la réglementation et auprès des filières afin de réduire les teneurs de ces contaminants dans les aliments principalement contributeurs.

    Par ailleurs, les premières conclusions de l’enquête menée auprès du conseil agricole (chantier 7) montrent que la qualité sanitaire demeure un enjeu majeur d’accès au marché. Agriculteurs comme conseillers semblent être le plus en attente d’informations sur les éléments-traces métalliques, même si les questions des agriculteurs perdurent sur les thématiques mycotoxines (solutions de gestion du risque au champ), stockage et devenir des contaminants. Les conseillers terrain soulignent le manque de vision prospective des filières par rapport à l’enjeu commercial et à la baisse de l’utilisation des phytosanitaires (Plan EcoPhyto), les lacunes en terme d’impact des pratiques culturales sur la production de mycotoxines (travail du sol, rotation, etc.) et de transfert des éléments-traces métalliques. Les attentes formulées concernent le plus souvent la mise en place de formations et la diffusion de l’information de façon claire et synthétique. Le RMT Quasaprove est donc encouragé dans la valorisation, le transfert et l’appropriation des nouvelles connaissances acquises au cours de la période 2009-2011. Enfin, les conseillers pointent la baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et la modification des pratiques comme étant les principales évolutions qui pourraient impacter la qualité sanitaire des productions de grande culture dans les prochaines années. Le RMT Quasaprove devra coordonner ses travaux avec les réseaux de référence existants.

    Ces résultats sont autant d’arguments scientifiques et techniques qui militent en faveur d’un renforcement de l’effort de recherche-développement dans le domaine de la qualité sanitaire des productions végétales de grande culture, de l’étape de la production jusqu’à l’alimentation humaine ou animale (transformation). Le RMT Quasaprove est le dispositif qui, de par son partenariat et ses approches innovantes (multicontamination, intégration des filières de transformation, contaminants émergents), peut contribuer à cet effort.